Exposition du 13 septembre au 25 novembre 2022

Les expositions auront lieu au centre Culturel Nymphéa et à la Bibliothèque Pierre Garnier.

LE CORPS

Le corps, cette partie matérielle, anatomique, « caverne du sensible » de notre être où siège la vie, est à la fois notre principal moyen de nous mouvoir et de nous déplacer, notre véhicule, mais aussi l’aspect extérieur que nous proposons à voir au monde. Chaque individu possède un corps différent, unique, qui évolue en fonction de son âge et des expériences vécues. On pourrait ainsi dire qu’on ne possède pas « un » corps mais « des » corps tout au long de sa vie. Dans nos sociétés, ces corps sont soumis à des pressions sociales, culturelles, politiques, religieuses qui s’impriment dans les chairs, particulièrement féminines, et font l’objet de nombreux commentaires. Dans le domaine artistique, la représentation du corps, d’abord soumis aux canons esthétiques, s’affranchit peu à peu des valeurs classiques. L’ère moderne marque une remise en cause de l’idéal de beauté se libérant même de la représentation. Dès lors, le corps est déformé, disloqué, stylisé, transformé, ébranlant la représentation picturale et sculpturale du XXe siècle. Au-delà même de la représentation, le corps devient outil, trace et empreinte. Dans les propositions artistiques proposées ici, les artistes n’hésitent pas à mettre en jeu leur propre corps et à nous interroger sur les « fractures » que nos corps subissent.

FRACTURE

Portrait des corps dans la ville

Durant plusieurs mois, Susie Waroude, Estelle Thouryet la Compagnie des Invisibles ont sillonné plusieurs quartiers d’Amiens et de sa métropole. En collaboration avec des structures culturelles, sociales et associatives, ils ont ainsi pu rencontrer des centaines d’habitants du territoire et les inviter à partager une expérience intime et sensible. Sous forme de déambulations propices à la rencontre, Albertinho, une marionnette à taille humaine, a engagé le dialogue avec les habitants, invitant à l’introspection et au partage de souvenirs. Au cours de ces rencontres, les habitants se racontent, bavardent, chantent aussi parfois et sont photographiés. Dans leurs silences, leurs soupirs, leurs hésitations et à travers leurs regards tantôt timides, courageux et audacieux, se
trouvent d’autres images, celles des interstices. «Fractures », posera ses valises à Camon le temps deprésenter des photographies, illustrations 3D et enregistrements sonores témoignant de ce projet à la fois humain et artistique.